Johnson & Johnson condamné à 8 milliards de dollars dans le procès Risperdal

20 mars 2021 | Santé, Société

Johnson & Johnson Risperdal

Même si l’article est de 2019, l’ADN de BigPharma reste bien enroulé autour d’un sigle : $.

En août 2019 , un juge de l’Oklahoma avait ordonné à l’entreprise Johnson & Johnson de verser à l’État 572 millions de dollars à la suite de son rôle dans la crise des opioïdes. Johnson & Johnson a également passé des années à se défendre contre des poursuites prétendant que sa poudre de talc était à l’origine de cancers de l’ovaire, ainsi qu’à batailler contre des allégations selon lesquelles ses produits de maillage pelvien et de hanche artificielle étaient défectueux.

Un jury de Philadelphie a constaté que la firme minimisait les risques que le médicament antipsychotique Risperdal puisse entraîner une croissance mammaire chez les garçons.

Un jury de Philadelphie avait donc validé un verdict d’une hauteur de 8 milliards de dollars pour la commercialisation du médicament anti-psychotique Risperdal. Ce verdict donnait raison à un homme du Maryland qui reprochait au géant de la santé d’avoir minimisé les risques de croissance mammaire causés par ce médicament et ce, même chez les garçons.

Le verdict de la Cour de Philadelphie a donc été le premier à accorder des dommages-intérêts aux dépens de Janssen Pharmaceuticals, une filiale de Johnson & Johnson, explique Thomas R. Kline. Cet avocat fait partie de l’équipe juridique représentant le plaignant, ainsi que plus de 10 000 personnes dans des procès similaires.

Il faut noter que des dommages-intérêts compensatoires de 680 000 $ ont déjà été accordés en mars 2016.

Le plaignant, Nicholas Murray, a poursuivi l’entreprise en 2013. Il a déclaré que ce médicament lui avait fait pousser des seins — un effet connu sous le nom de gynécomastie après avoir commencé à utiliser le Risperdal en 2003, à l’âge de 9 ans, pour traiter des symptômes d’autisme. Janssen a été reconnu coupable de ne pas avoir averti les médecins des risques tout en commercialisant cette molécule en tant que traitement de certains troubles mentaux chez les enfants.

« Ce jury a dit sans équivoque à Johnson & Johnson que ses actions étaient délibérées et malveillantes », ont déclaré mardi les avocats de M. Murray, MM. Kline et Jason Itkin. « La conduite que le jury a constatée dans la salle d’audience était claire et convaincante : J&J a fait fi de la sécurité des enfants les plus vulnérables. C’est un moment important, non seulement pour ce litige, mais pour J&J, qui est une entreprise qui a vendu son âme au diable. »

Johnson & Johnson a déclaré dans un communiqué que le verdict était « en contraste frappant » avec le montant des dommages-intérêts compensatoires et que l’entreprise « prendrait immédiatement des mesures pour annuler ce verdict excessif et non fondé ».

« Le jury n’a pas entendu de témoignages sur la façon dont l’étiquette du Risperdal décrivait clairement et de façon appropriée les risques associés au médicament ou les avantages que le Risperdal procure aux patients atteints d’une maladie mentale grave », a déclaré l’entreprise dans un communiqué. « De plus, les avocats du demandeur n’ont présenté aucun élément de preuve indiquant que le demandeur ait été lésé par les reproches faits à l’entreprise. »

Johnson & Johnson a généré près de 82 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2018 pour les médicaments prescrits sur ordonnance, les instruments médicaux, les lentilles et les marques grand public comme le Tylenol, le Motrin et les pansements. Il a cultivé une image de fiabilité envers médecins, infirmières et parents.

Le verdict de mardi était le dernier d’une série de coups portés à la réputation de l’entreprise.

– Source : Johnson & Johnson Hit With $8 Billion Jury Verdict in Risperdal Suit (8 octobre 2019)
– Traduit par Tanguy pour Le Média en 4-4-2