Énergie

EPR2 annulés : Après Emmanuel Macron, le PS sacrifie l’énergie nucléaire

La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a rejeté ce mardi 3 juin un article clé visant à relancer massivement le nucléaire. Un imbroglio législatif, initié par un amendement malencontreux, a conduit à ce revirement inattendu.

mise à jour le 04/06/25

Un cafouillage parlementaire enterre la relance nucléaire française. Décryptage d’un fiasco politique.

L’amendement qui a tout changé… par erreur

Marie-Noëlle Battistel, députée PS de l’Isère, a déposé un amendement supprimant les objectifs intermédiaires de construction de six EPR2 d’ici 2026 et huit autres réacteurs avant 2030. Si l’élue a reconnu une « maladresse » dans la rédaction, elle a finalement maintenu son texte, voté en commission. Résultat : un coup d’arrêt brutal aux ambitions nucléaires françaises.

Le président détruit l’énergie de son propre pays

Emmanuel Macron avait vendu en 2015  à l’américain General Electric l’usine d’Alstom produisant des turbines pour les centrales nucléaires. Il était alors ministre de l’Économie, de l’Industrie et du numérique. En 2024, en tant que président, il les fait racheter par EDF le double de son prix de vente initial.

En 2019 Emmanuel Macron annonce la fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035

En 2021 Emmanuel Macron fait machine arrière : « Nous allons, pour la première fois depuis des décennies, relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays et continuer de développer les énergies renouvelables.»

Un texte amputé, une stratégie énergétique en péril

Initialement, la proposition de loi Gremillet prévoyait d’atteindre 27 GW de nouvelles capacités nucléaires d’ici 2050. Mais avec le rejet des objectifs intermédiaires, le texte ne fixe plus qu’une vision lointaine, sans feuille de route concrète. Pour les partisans du nucléaire, préférer investir 11 milliards d’euros par an en éoliennes (durée de vie 25 ans) et en panneaux solaires (durée de vie 30 ans) est irresponsable.

Le PS accusé de revenir à l’anti-nucléarisme dogmatique

Antoine Armand (Renaissance), rapporteur du texte, a fustigé un « retour en arrière idéologique » du Parti Socialiste. Pourtant, certains élus PS défendaient une approche modérée, soulignant les retards dans les renouvelables. Mais, en rejetant toute alternative, la majorité a préféré saborder le projet plutôt que le corriger.

Et maintenant ? La France à l’heure des choix

Avec ce vote, la France risque de perdre un temps précieux dans le maintien et le développement de son indépendance énergétique. Le débat en séance plénière, prévu le 16 juin, s’annonce houleux.

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