Politique

Bilderberg 2025 : Dans les coulisses de l’ombre du pouvoir mondial

La 71e édition du Bilderberg s’est tenue du 12 au 15 juin au Grand Hôtel de Stockholm, un lieu symbolique appartenant à la famille Wallenberg, pilier historique de ce cercle fermé. Giorgio Bombassei, documentariste spécialiste du sujet depuis plus de vingt ans, en a ramené un compte-rendu édifiant. Si les organisateurs ont cette année légèrement entrouvert les portes de leur sanctuaire, l’essentiel des discussions reste enveloppé d’un silence opaque. Entre ouverture de façade et secret bien gardé, le Bilderberg continue d’incarner le paradoxe d’un pouvoir qui se cache tout en s’exhibant.

mise à jour le 28/06/25

Cette année encore, les discussions ont porté sur des enjeux planétaires – guerres, ressources, surveillance – sans que les principaux concernés (les citoyens) ne soient consultés.

Une transparence… très sélective

Contrairement aux éditions précédentes, où la confidentialité était totale, Stockholm 2025 a toléré une présence médiatique minimale. La presse locale et nationale suédoise a pu couvrir l’événement, une première depuis des années. Pourtant, aucun grand média international (BBC, CNN, France 2) n’a fait le déplacement. Seuls quelques journalistes indépendants, dont Giorgio Bombassei, ont pu observer les allées et venues des participants. Une ouverture calculée, qui n’a rien d’un hasard : en pleine crise de légitimité des élites, le Bilderberg tente de donner l’illusion d’une plus grande transparence, sans jamais renoncer à son opacité structurelle.



Parmi les invités français, on retrouvait des figures politiques (Édouard Philippe, Gabriel Attal), des dirigeants économiques (Patrick Pouyanné de Total, Jean Lemierre de BNP Paribas) et des experts en intelligence artificielle (Arthur Mensch, fondateur de Mistral AI). Une présence massive qui souligne le rôle central de la France dans les réflexions géostratégiques du moment.

Au menu : IA, migrations et guerres de demain

Les thèmes officiels de cette édition reflètent les obsessions contemporaines des élites : l’intelligence artificielle comme outil de contrôle, la « gestion » des flux migratoires (sous l’angle du dépeuplement et du remplacement démographique), et la sécurisation des approvisionnements énergétiques. Des sujets cruciaux, mais dont les implications concrètes pour les citoyens restent soigneusement évitées dans l’espace public.



La présence de Laurent Toulemon, démographe spécialiste des questions de population, a particulièrement retenu l’attention. Alors que les nations occidentales font face à un vieillissement accéléré et à une crise migratoire sans précédent, ses interventions – tenues à huis clos – pourraient bien influencer les politiques publiques des prochaines années. De même, les débats sur l’IA, menés en présence du PDG de Palantir (société liée à la surveillance de masse), laissent présager une militarisation accrue des technologies numériques.

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