Culture

Paris : 245 000 euros pour des pirouettes entre deux feux rouges : Bienvenue au cirque municipal

Paris, ville éternelle, ville de lumières qui vacillent sous le poids d’une dette himalayenne de plus de 10 milliards. Pendant que les Parisiens s’acquittent d’impôts locaux à faire hocher la tête à un notaire, que les services publics implorent une trêve et que la mairie creuse toujours plus le trou, voici la trouvaille : financer des artistes modernes qui dansent sur les passages piétons. Vous ne rêvez pas.

mise à jour le 26/04/26

Culturel, inclusif, mais surtout très subventionné.

Art’R, ou l’art de vous prendre pour des dindons

L’association Art’R, pilotée par la structure A Suivre, empoche tranquillement 245 000 euros annuels de subventions municipales pour l’année 2026. Dont 65 000 euros offerts par la seule mairie du XIe arrondissement. Le prétexte officiel ? Une « saison artistique » et la trentième édition du festival « Onze Bouge, toujours ». Traduction : du spectacle gratuit pour le badaud, mais payé rubis sur l’ongle par le contribuable, et des chorégraphies censées ausculter « différentes typologies urbaines ».


Des lieux qui doutent, des comptes qui ne doutent de rien

Parmi ces typologies révolutionnaires : les passages piétons, bien sûr, mais aussi les caméras de vidéosurveillance et ce qu’ils nomment pudiquement les « lieux qui doutent ». Rien de tel, en effet, pour renouveler le regard sur la ville : un entrechat entre deux SUV qui klaxonnent, voilà l’art contemporain.

Jean Hostache et son collectif en résidence surveillée

Le chorégraphe Jean Hostache et son collectif La Grosse Plateforme ont même bénéficié d’une résidence complète avec Art’R. Résultat : des danseurs qui se trémoussent au milieu des flux de circulation, qui « dansent avec le pouls » des piétons pressés et des scooters en slalom. Culturel, inclusif, surtout très subventionné.



Le contribuable applaudit, les poings serrés

Dans une période où les finances publiques font peine à voir, où la taxe foncière fait bondir les gens chez le cardiologue, la mairie persiste à arroser ce genre d’initiatives. 245 000 euros. Par an. Pour danser sur la chaussée. On songe un instant à ce que donnerait une chorégraphie sur un budget à l’équilibre. Probablement un spectacle de haute voltige.

Rassurez-vous : c’est gratuit, en plein air, et ça « renouvelle le regard ». Celui du contribuable, surtout, vire au rouge cramoisi. Bienvenue à Paris, où l’art n’est plus qu’un prétexte pour vider les caisses. Les passages piétons ne servent plus à traverser, mais à servir de scène. On applaudit des deux mains, ou plutôt, on serre les poings dans ses poches vidées.

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