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Israël autorise le retour de l’aide humanitaire à Gaza via une nouvelle fondation soutenue par les États-Unis

Une nouvelle ONG, la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF), créée avec le soutien des États-Unis et potentiellement dirigée par David Beasley, va acheminer de l’aide dans Gaza dès la fin mai. Israël aurait donné son accord, sans confirmation officielle.

mise à jour le 15/05/25

Israël autorise un nouveau canal d’aide à Gaza, sous contrôle américain.

Alors que la bande de Gaza continue de suffoquer sous le poids d’un blocus israélien strict depuis plusieurs mois, un nouveau canal humanitaire pourrait marquer un tournant. La Fondation humanitaire pour Gaza (GHF), une ONG récemment créée et soutenue par les États-Unis, a annoncé ce mercredi 14 mai son intention de commencer à distribuer de l’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne d’ici la fin du mois.

Une ONG montée de toutes pièces avec l’appui de Washington

Cette nouvelle structure, élaborée de toutes pièces avec le soutien actif de l’administration américaine, se présente comme une alternative complémentaire aux circuits traditionnels gérés par l’ONU. Elle vise à faciliter l’acheminement de l’aide de manière indépendante, dans une logique de neutralité civile.

Selon des informations révélées par Axios, David Beasley — ancien directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM) et lauréat du prix Nobel de la paix — est actuellement en discussions avancées pour prendre la tête de cette fondation. Ancien gouverneur de Caroline du Sud, nommé au PAM par Donald Trump, Beasley est une figure respectée du monde humanitaire et jouit d’une forte crédibilité internationale. Son éventuelle nomination serait conditionnée à la relance rapide des livraisons d’aide à Gaza.

Une initiative soutenue par l’entourage de Trump et les diplomates américains

Cette initiative ne se fait pas sans coordination politique. Des efforts diplomatiques sont en cours pour obtenir un large soutien autour du projet GHF. Steve Witkoff, émissaire spécial des États-Unis, qui avait été choqué lors de son déplacement à Gaza : « Tout est détruit… c’est stupéfiant ! La reconstruction de Gaza prendra 15 ans », a récemment présenté les contours du projet aux membres du Conseil de sécurité des Nations Unies. Parallèlement, des diplomates américains ont exposé le plan aux agences de l’ONU basées à Genève.



Selon Axios, une source proche de Beasley a confirmé qu’il exigeait la reprise immédiate de l’aide humanitaire vers Gaza comme condition préalable à son engagement à la tête de la Fondation.

Une aide d’urgence dans un territoire au bord du gouffre

Sur le terrain, la situation est alarmante. Les stocks de nourriture et de médicaments sont au plus bas, l’accès à l’eau potable est extrêmement limité, et les ONG alertent sur un risque imminent de famine généralisée. Israël avait gelé l’ensemble des livraisons depuis deux mois.

Le GHF, dans un communiqué officiel, a indiqué que les premières phases d’approvisionnement sont en cours, avec pour objectif de fournir plus de 300 millions de repas sur une période initiale de 90 jours. Ces efforts s’appuieront temporairement sur les mécanismes d’acheminement existants, en attendant que les sites de distribution sécurisés (SDS), en cours de construction, soient pleinement opérationnels.

Jake Wood, directeur général de la GHF, a déclaré :

« Nous avons une obligation morale d’agir sans attendre que toutes les conditions soient idéales. Chaque jour compte. Cette avancée est un pas concret vers une aide humanitaire durable. »

Un feu vert israélien, mais sans confirmation officielle

D’après la Fondation, Israël aurait accepté de faciliter l’accès de l’aide via ce nouveau canal. Toutefois, les autorités israéliennes n’ont pas encore confirmé publiquement cette information. Le flou persiste, d’autant que des préparatifs militaires d’envergure sont signalés dans la bande de Gaza.

Israël aurait en effet mis en place un plan de déplacement massif de deux millions de Palestiniens vers une « zone humanitaire » dans le sud de l’enclave, si aucun accord de cessez-le-feu n’est conclu dans les prochains jours.

Une initiative contestée par les acteurs humanitaires traditionnels

Malgré la volonté affichée par la GHF de compléter les efforts existants, plusieurs ONG et agences des Nations Unies ont exprimé de vives inquiétudes. Beaucoup redoutent une politisation de l’aide et dénoncent le risque que ce mécanisme serve de levier stratégique dans un contexte de guerre.

Ils exigent que l’aide continue d’être distribuée via les canaux établis, sans conditionnalité ni interférence militaire. La GHF, quant à elle, maintient que son objectif est purement humanitaire, et que ses actions viendront en renfort des structures déjà en place.

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