Le confident qui en savait trop
Ce qui rend ce décès soudain aussi croustillant, c’est son timing. Il y a quelques semaines à peine, Dzhabrailov refaisait surface dans les nouveaux documents Epstein déclassifiés par la justice américaine. L’homme n’avait jamais été du genre à se cacher. Dans une interview récente, il qualifiait encore Ghislaine Maxwell, la recruteuse en chef du réseau, d’« âme sœur ». Il regrettait même, le naïf, que « la femme la plus charmante » ait écopé de la perpétuité. Il admettait connaître Epstein, présenté par Maxwell, mais jurait ses grands dieux n’avoir jamais imaginé le business des « filles dont on parle dans les médias ».
Sauf que les emails, eux, ne jurent pas. En mai 2001, depuis Londres, il écrivait à « Dear Ghislaine » pour lui proposer d’organiser son accueil à Moscou, ainsi que celui de Jeffrey et d’un certain « Tom » (mail EFTA00582508). Maxwell répondait, évoquant un contretemps en France. Une photo de l’oligarque torse nu (des restes d’entraînement de karaté, selon lui) traînait aussi dans les dossiers, tout comme son numéro dans le fameux « petit carnet noir ». De quoi alimenter les théories, même si, juridiquement, figurer dans le répertoire d’un criminel ne fait pas de vous un complice. Dzhabrailov, lui, s’en tenait à la version « amis sociaux, vacances en Europe ».
⚡️🇷🇺FLASH – Umar #Dzhabrailov, homme d’affaires et ancien sénateur russe d’origine tchétchène, connu pour sa fortune colossale et ses liens passés avec Ghislaine #Maxwell, ex-compagne de Jeffrey Epstein, qu’il qualifiait publiquement d’« âme sœur », a été retrouvé mort dans son… pic.twitter.com/3ZuSL5kORB
— Brèves de presse (@Brevesdepresse) March 2, 2026
L’enquête russe ou l’art de ne rien voir
L’homme avait du coffre. Ancien sénateur de Tchétchénie, propriétaire d’hôtels, candidat fantôme contre Poutine (0,1% des voix, le score du participant), il fréquentait Naomi Campbell et Claudia Schiffer. Mais il avait aussi le chic pour les fins de soirée mouvementées : coups de feu tirés avec un pistolet décoratif dans un hôtel en 2017, tentative de suicide en 2020, déjà, et quelques soupçons jamais étayés dans l’assassinat de son associé américain Paul Tatum en 1996.
Sa fille, Alvina, ne gobe pas la thèse officielle. Pour elle, son père a été « réduit au silence » à cause de ses liens avec l’affaire Epstein. Une hypothèse moins chic que les « difficultés financières » (comptes gelés, dettes) évoquées par d’autres sources, mais tellement plus romanesque.
En Russie, un oligarque qui croise le fer avec une balle, c’est toujours louche. La thèse du suicide fait office de sédatif, mais l’enquête préliminaire est ouverte. Officiellement, « aucun élément criminel ». Officieusement, le parfum du réseau Epstein continue de se répandre dans les hautes sphères, et les questions, elles, restent toujours sans réponse. Surtout quand les témoins prennent la liberté de ne plus en donner.
Pas encore de commentaire sur "Umar Dzhabrailov, l’oligarque russe qui appelait Ghislaine Maxwell son « âme sœur », retrouvé mort à Moscou"