La diplomatie version open space
Tout commence à Genève, où Jared Kushner et Steve Witkoff, respectivement gendre et ami du président, tous deux dépourvus du moindre bagage technique en matière nucléaire, représentaient les États-Unis. Face à eux, une proposition iranienne de sept pages, que des sources diplomatiques décrivent comme une tentative sérieuse de compromis : Téhéran offrait de céder 460 kilos d’uranium enrichi à 60 % en échange de la poursuite d’un programme civil à 20 %. Une offre jugée « faible » par des négociateurs qui, ne connaissant rien au sujet, ont claqué la porte. Trente-six heures plus tard, les bombes tombaient sur Fordow et Natanz.
TRUMP SE DÉFAUSSE
DE SA RESPONSABILITÉ
Il dit qu’il a décidé de bombarder l’Iran sur les conseils de Kushner, Witkoff et Hegseth, c’est-à-dire de son gendre, d’un promoteur immobilier et d’un animateur de télé.
Et non sur les avis des chefs du renseignement et de l’armée.
Ça pue. https://t.co/5EcD83hQSz— François Asselineau 🇫🇷 (@f_asselineau) March 12, 2026
Les conseillers du président
Trump l’assume donc sans sourciller : il a suivi les recommandations de son secrétaire à la Défense Pete Hegseth — ancien présentateur télé, ce qui est évidemment la meilleure des écoles pour conduire une guerre —, de Marco Rubio, de Steve Witkoff et de Jared Kushner. Le président a justifié ces frappes préventives par une menace imminente, sans toutefois préciser si celle-ci provenait des renseignements ou d’une intuition partagée autour d’un dîner de famille. « Je pensais que si nous ne le faisions pas au moment où nous l’avons fait, ils avaient l’intention de nous attaquer », a-t-il déclaré, se déchargeant au passage de toute responsabilité.
Une gestion controversée du conflit
Sur le terrain, la réalité s’avère moins glamour que les causeries du Bureau Ovale. Les crimes de guerre s’accumulent… Une école primaire iranienne a été touchée par un missile Tomahawk, tuant 175 enfants. Trump a évoqué, sans preuve, la possibilité d’un missile iranien ou de « quelqu’un d’autre », malgré les vidéos disponibles. Une esquive qui n’a pas convaincu les experts nucléaires, lesquels dénoncent depuis des semaines les justifications bancales de l’administration. Elena Sokova, Daryl Kimball et d’autres spécialistes rappellent que le réacteur de recherche de Téhéran est strictement civil, tandis que Rafael Grossi, le directeur de l’AIEA, confirme l’absence de preuves d’un programme militaire iranien.
Les dessous d’une escalade géopolitique
Pendant que les prix du pétrole flambent et que la Russie et la Chine observent avec un malin plaisir ce chaos made in USA, Israël pousse discrètement à une escalade prolongée. Trump, lui, évoque un « changement de régime » et assure que la guerre est « presque gagnée ». Mais alors que les troupes américaines pourraient bientôt fouler le sol iranien, une question demeure : qui, à la Maison-Blanche, décide vraiment de la suite des opérations ? Les Iraniens, eux, ont leur petite idée : selon eux, Kushner et Witkoff ont abordé les négociations comme une « transaction immobilière ». Avec, en guise de lot de consolation, un Moyen-Orient en flammes.
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