Un cadre juridique flexible et des précédents éloquents
Contrairement à une idée reçue, les statuts de la FIFA ne prévoient aucune disposition explicite pour suspendre une fédération en raison d’un conflit armé. Les seules bases juridiques invocables concernent le respect des droits de l’homme ou la pratique du football sur le territoire d’une autre fédération sans accord, un argument longtemps avancé par la Palestine. Le précédent russe est, à cet égard, révélateur : sa suspension en 2022 fut moins une sanction juridique qu’une décision politique pragmatique, prise sous la menace d’un boycott massif de dizaines de fédérations. Ce cas illustre la primauté des realpolitiks internes sur le droit écrit.
Le poids des lobbys et des rivalités au sommet
La Fédération israélienne peut compter sur de solides appuis, au premier rang desquels le président de la FIFA, Gianni Infantino, réputé proche du gouvernement israélien et du président américain Donald Trump. Un lobbying actif est mené auprès des dirigeants footballistiques, notamment en Afrique et en Amérique du Sud. Face à elle, la Fédération palestinienne, moins bien dotée en relais d’influence, voit aujourd’hui la donne bouleversée par l’entrée en scène du Qatar. Ce dernier, exerçant une pression notable au sein de l’UEFA, pourrait faire pencher la balance lors d’un vote prochain du Comité exécutif. L’issue de ce scrutin, qui devra ensuite être ratifié par la FIFA, risque de creuser davantage le fossé entre les deux institutions et d’exposer au grand jour leurs dissensions internes.
C’est au public de boycotter tous les matchs de la colonie de peuplement.