Des récits d’enfants qui font froid dans le dos
Lors de l’audience, les trois enfants, âgés de 13, 10 et 7 ans, ont décrit un climat de peur. Le fils aîné a évoqué des coups de pied, des gifles et des insultes proférées (« sale con », « enculé »). Sa sœur a parlé de gifles « très fréquentes » et du regret exprimé par leur père de les avoir eus : « Il nous disait qu’il aurait aimé qu’on ne soit pas là. » La benjamine a corroboré ces sévices. Alertée par ses enfants à leur retour d’un week-end chez leur père en 2023, l’ex-compagne de Thomas Bauder a porté plainte.
Des aveux partiels, une contestation ferme
À la barre, Thomas Bauder a nuancé son propos. S’il a nié être un homme violent, il a reconnu avoir giflé l’une de ses filles et lui avoir lancé : « Je veux que tu disparaisse de ma vie. » Il a aussi admis avoir imposé des douches froides à son fils, sur les conseils de sa compagne actuelle, pour le « calmer ». L’intéressé, contacté par la presse, affirme contester « absolument » les faits et se prévaut de la présomption d’innocence grâce à son appel.
🚨🇫🇷 ALERTE INFO !
GIFLES, INSULTES, DOUCHES FROIDES… SUR SES PROPRES ENFANTS 🤯
Thomas Bauder, directeur de l’information de CNews, en poste depuis 10 ans et numéro 2 de la chaîne de Vincent Bolloré, a été CONDAMNÉ à 4 mois de PRISON avec sursis pour VIOLENCES SUR SES TROIS… pic.twitter.com/LarilutcvA
— Impact (@ImpactMediaFR) January 27, 2026
Une sanction symbolique, un appel immédiat
Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé une peine de quatre mois de prison avec sursis. Il a également ordonné le versement d’un euro symbolique à chaque enfant au titre du préjudice moral. Les juges n’ont pas retiré l’autorité parentale à Thomas Bauder, estimant l’absence de danger caractérisé. Le condamné a fait immédiatement appel. En parallèle, il a déposé plainte contre la mère des enfants pour non-représentation.
CNews, entre condamnation de principe et relativisation
En interne, les réactions divergent. Le 14 janvier, Pascal Praud a martelé à l’antenne : « On ne touche pas à un enfant ! » Une position qui l’a isolé face à ses chroniqueurs, plus ambivalents. Le lendemain, sur Europe 1, Charlotte d’Ornellas est intervenue dans une émission nommée « Malheur aux parents dont les enfants sont rois ». Elle y a critiqué l’élargissement du concept de violence et défendu une autorité parentale ferme, estimant qu’une « force proportionnée » pouvait être nécessaire face à des enfants « rois ». Un plaidoyer perçu comme une défense indirecte des pratiques de son collègue.
L’ombre de l’affaire Morandini
Le scandale éclate dans un contexte délétère. Le 14 janvier, la Cour de cassation a confirmé la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs. Malgré l’inscription au fichier des délinquants sexuels et l’interdiction d’exercer auprès de mineurs, la direction de CNews, menée par Gérald-Brice Viret, le maintient à l’antenne. Cette décision provoque un boycott croissant, initié par Jordan Bardella (RN) et suivi par d’autres personnalités comme Élisabeth Borne. En interne, les tensions sont palpables : Sonia Mabrouk a exprimé son malaise, tandis que Philippe Bilger a été évincé après avoir critiqué publiquement la ligne de la chaîne.
Une crédibilité en berne
Cette affaire relance le débat sur les violences éducatives, peu après que la Cour de cassation a rejeté l’existence d’un « droit de correction » parental. Pour CNews, déjà fragilisée par le soutien à Morandini et des départs forcés, la condamnation de son directeur de l’information pourrait durablement entamer sa crédibilité et son image.
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