Le chantage à l’apocalypse
Lors d’une conférence de presse surdramatisée, le chef du gouvernement n’a pas mâché ses mots pour culpabiliser les Français. Évoquant un pays « en danger », il a brandi le spectre d’un « avenir à la grecque » – baisse des retraites, des salaires, hausse massive des impôts – pour mieux faire avaler la pilule amère de l’austérité bruxelloise. Un plan si impopulaire que sa propre communication est un fiasco cuisant, à l’image de sa chaîne YouTube qui ne rassemble que quelques milliers de curieux. La menace n’en est que plus cynique.
Un pari risqué pour un duo affaibli
En engageant la responsabilité de son gouvernement sur ce vote, Bayrou prend un risque immense : un rejet le contraindrait à démissionner, ce qui serait une première sous la Ve République. Surtout, Emmanuel Macron a lié son destin au sien, le qualifiant publiquement d’« ami » et de « compagnon de route » dont il espère qu’il tiendra jusqu’à la fin du quinquennat. La chute de Bayrou plongerait donc un président déjà affaibli dans une crise ingérable, l’empêtrant dans la recherche d’un nouveau premier ministre au moment où il rêve de briller sur la scène internationale. Le pouvoir, apeuré et cerné, tente un baroud d’honneur. Le peuple, lui, se donne rendez-vous le 6 septembre dans la rue pour leur signifier que la fête est finie.
Pas le 6 septembre, mais le 10 septembre …