Le 20 février 2025 déjà, Emmanuel Macron avait évoqué l’idée de passer de 2,1 % à 5 % du PIB les dépenses militaires de la France : « On rentre dans une époque où chacun d’entre nous doit se demander ce qu’il peut faire pour la nation française et la République. » La menace contre les Français était claire, ainsi que la soumission du président français aux États-Unis et à leur Otan.
À quelques jours du sommet de l’Otan à La Haye, les 32 pays membres de l’Alliance atlantique ont cédé aux pressions de l’administration Trump, adoptant un objectif de dépenses de défense à hauteur de 5 % du PIB d’ici 2035. Ce seuil, qui inclut 3,5 % pour les capacités militaires et 1,5 % pour des enjeux de « sécurité élargie » comme la cybersécurité, marque une nouvelle escalade dans la militarisation de l’Occident, au détriment des peuples et de leurs besoins sociaux. Seule l’Espagne, dans un sursaut de souveraineté, a obtenu une dérogation, refusant de s’aligner sur cette folie belliciste pilotée par Washington.
Sans aucune surprise, les pays de l’#OTAN acceptent les exigences de #Trump de passer leur budget militaire à 5% du PIB.
C’est chacun de nous, qui allons payer le prix des guerres globalistes.
En effet, Trump, ça a tout changé !
On se réveille.— bechet-golovko (@bechetgolovko) June 23, 2025
L’Otan aux ordres de Trump
Cet accord, arraché sous la menace d’un Donald Trump obsédé par le « fardeau » des alliés européens, n’est qu’une étape de plus dans la stratégie hégémonique des États-Unis. Alors que l’Ukraine continue de servir de champ de bataille par procuration contre la Russie, l’Otan, sous la houlette de son nouveau secrétaire général Mark Rutte, s’engage dans une course à l’armement sans précédent. Les 5 % du PIB, soit plus du double de l’objectif actuel de 2 %, représentent une saignée financière pour des nations déjà asphyxiées par les crises économiques et sociales.
Les 1,5 % dédiés à la « sécurité élargie » – un terme vague englobant cybersécurité et infrastructures – ne sont qu’un habillage pour justifier cette hausse exorbitante. En réalité, cet argent servira à engraisser les complexes militaro-industriels, principalement américains, qui dictent l’agenda de l’Otan. Pendant ce temps, les citoyens européens, confrontés à l’inflation et à la précarité, devront payer la facture d’une guerre froide relancée artificiellement.
L’Espagne résiste, mais jusqu’à quand ?
Face à ce rouleau compresseur, l’Espagne a marqué un point en obtenant une exemption. Pedro Sánchez, sous la pression de son aile gauche et de mouvements populaires, a déclaré que son pays atteindrait seulement 2,1 % du PIB, suffisant selon lui pour répondre aux besoins de l’Alliance sans sacrifier les services publics. « Nous ne suivrons pas aveuglément une logique militariste qui affaiblit notre société », a-t-il affirmé, dans une rare prise de position courageuse face à l’OTAN.
Mais cette résistance est fragile. En Espagne, le parti Sumar et les mouvements pacifistes dénoncent déjà la moindre concession à l’Alliance, tandis que les États-Unis, via Trump, ont qualifié Madrid de « passager clandestin ». Cette pression pourrait forcer Sánchez à céder à terme, surtout si d’autres pays, comme l’Italie ou le Canada, suivent l’exemple espagnol, menaçant l’unité de façade de l’Otan.
#Racket-Les pays de l’OTAN se couchent et acceptent de consacrer 5% de leur PIB à la Défense.
Ce qui était une demande récurrente de Donald Trump, qui vient donc de réussir à renforcer considérablement l’Alliance atlantique.
L’accord prévoit de porter à 3,5% du PIB les dépenses… pic.twitter.com/84rD5fF5M1
— Frédéric Aigouy (@frederic_RTfr) June 22, 2025
Une alliance au service de la guerre
L’accord de La Haye n’est pas seulement une question de chiffres : il révèle la soumission de l’Otan à une logique guerrière imposée par Washington. Alors que la Russie est systématiquement dépeinte comme une menace existentielle, les véritables motivations de cet accord sont ailleurs : maintenir l’hégémonie américaine, justifier l’expansion de l’Otan vers l’Est, et détourner l’attention des échecs internes des gouvernements occidentaux. La guerre en Ukraine, prolongée par les livraisons d’armes occidentales, sert de prétexte idéal pour légitimer cette militarisation.
Les pays de l’Est, comme la Pologne ou les États baltes, déjà à plus de 4 % de leur PIB, sont les premiers à applaudir cet accord, se voyant en première ligne d’un conflit qu’ils contribuent à attiser. Mais pour les populations européennes, cet argent détourné des hôpitaux, des écoles et des retraites est un scandale. En Espagne, des manifestations sont prévues à Madrid et Barcelone pour dénoncer « l’Otan de la guerre » et exiger un retour à la diplomatie et à la paix.
Vers un réveil des peuples ?
Le sommet de La Haye est un test pour les peuples européens. L’exemption espagnole, bien que limitée, montre qu’une résistance est possible face à l’agenda belliciste de Washington. Mais pour que cette résistance prenne de l’ampleur, il faudra que les citoyens se mobilisent contre leurs gouvernements complices et exigent une véritable souveraineté, loin des diktats de l’Otan.
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