Arnaud Montebourg dénonce le « racket organisé » contre les automobilistes : « La plaisanterie a assez duré ! »

Sur le plateau de BFM TV, Arnaud Montebourg n’y est pas allé par quatre chemins. Pour l’ancien ministre, la hausse incessante des péages autoroutiers relève ni plus ni moins d’un « racket organisé » contre les automobilistes. Une dénonciation qui s’inscrit dans une bataille de longue date : celle de la renationalisation des autoroutes, privatisées en 2006 sous l’ère Dominique de Villepin pour la modique somme de 14 milliards d’euros. Depuis, les concessionnaires privés ont empoché 76 milliards de profits – soit plus de cinq fois la mise initiale –, avec une marge nette de 24 %. « Des infrastructures construites, entretenues et payées par le travail des Français, transformées en vache à lait pour actionnaires », tonne-t-il. Les principaux actionnaires sont Vinci, BlackRock, Vanguard, Qatar Holding…

mise à jour le 27/04/26

76 milliards de profits en 18 ans : le hold-up des autoroutes est le plus gros scandale économique que personne ne veut voir.

Un monopole légalisé : quand l’État abandonne son rôle

Le problème ? Ces autoroutes sont des monopoles. « Privatiser un monopole, c’est offrir un permis de voler en règle », résume Montebourg. Sans concurrence, les concessionnaires fixent les prix à leur guise, et les rapports s’accumulent pour le confirmer. Une commission sénatoriale, l’Inspection générale des finances (IGF) et la Cour des comptes ont tous pointé du doigt une rentabilité indécente. Pire : selon l’IGF, les péages seraient surévalués de 58 %. « On parle bien d’une arnaque légale, validée par l’État », s’indigne l’ancien ministre.

La solution ? Un euro symbolique et un peu de volonté politique

Des juristes estiment que l’État pourrait récupérer les concessions pour un euro symbolique, évitant ainsi ce « pillage organisé ». Montebourg ne réclame pas la gratuité – juste que « l’argent des péages serve à entretenir les routes et les rails, plutôt qu’à engraisser des actionnaires ». Une idée simple : réinvestir dans le réseau routier non concédé ou moderniser des lignes ferroviaires comme Paris-Limoges, aujourd’hui à l’abandon.

Le gouvernement, lui, préfère attendre 2032-2037, date de fin des concessions actuelles. « Six à onze ans de surtaxes en perspective : une aubaine pour les privés, un calvaire pour les usagers », raille Montebourg.

L’action collective : quand les Français se rebiffent

Face à l’inaction de l’État, des milliers d’automobilistes – particuliers et professionnels – ont saisi le Conseil d’État via la plateforme MyLeoLegal. Objectif : obtenir le remboursement rétroactif des péages surfacturés. Pour 35 euros (particuliers) ou 120 euros (professionnels), ils espèrent récupérer une partie de l’argent indûment prélevé. « Même moi, j’ai demandé le remboursement de mon trop-perçu », confie Montebourg, qui exige une action immédiate du gouvernement – « pas seulement sur les remboursements, mais sur le préjudice subi ».



80 euros l’aller-retour Paris-Lyon : la cerise sur le gâteau de l’escroquerie

Dans un contexte où chaque euro compte, les hausses annuelles des péages (4 % en 2023, 3 % en 2024, 0,92 % en 2025) sont une double peine. Avec une nouvelle augmentation prévue en 2026, l’aller-retour Paris-Lyon coûtera 80 euros – un record. « On marche sur la tête : les Français paient pour des routes qu’ils ont déjà financées, pendant que l’État joue les figurants », conclut Montebourg.

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1 commentaire sur "Arnaud Montebourg dénonce le « racket organisé » contre les automobilistes : « La plaisanterie a assez duré ! »"

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  1. Les concessions d’autoroutes mais pas que. C’est une affaire de copins et de coquins, de pillage, disont une escroquerie manigancée par des crapules à leur seul bénéfice au détriment des Français payeurs initiaux. Les politicards sont engagés par omission ou par commission. Lorsque ces autoroutes repasseront dans le giron de la France, tous les frais d’infrastructure (ouvrages d’art, ponts et chaussées) de travaux non exécutés, de remise en conformité seront à nouveau à la charge du contribuable. De beaux discours, du baratin, de l’ingénierie, pour prévenir la grogne des éternels lésés.

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