Le boycott change d’échelle. Quelques heures après que Jordan Bardella a demandé aux élus du Rassemblement national de ne plus se rendre sur le plateau de “Morandini Live”, Élisabeth Borne a, à son tour, appelé à ne plus répondre aux invitations de l’animateur de CNews, Jean-Marc Morandini, condamné définitivement pour corruption de mineurs.
Ce qu’a dit Élisabeth Borne sur BFMTV
Invitée sur BFMTV, l’ancienne Première ministre n’a pas tourné autour du pot. À la question “Si Jean-Marc Morandini vous invite demain ?”, elle répond : “S’il m’invitait, je n’irai pas”, avant d’ajouter qu’“ce serait une bonne idée que ce soit la règle”.
Condamnation de Jean-Marc Morandini: « S’il m’invitait, je n’irais pas (…) et ce serait une bonne idée que ce soit la règle », affirme Élisabeth Borne, ancienne Première ministre pic.twitter.com/QLM0xfEiu8
— BFM (@BFMTV) January 26, 2026
Le message est limpide : au-delà d’un cas personnel, c’est une consigne morale qu’elle assume publiquement.
Après Bardella, le RN rejoint (enfin) le mouvement
Jusqu’ici, le RN faisait figure d’exception : certains de ses porte-parole avaient encore participé à l’émission après la décision de justice. Mais selon plusieurs sources concordantes, Jordan Bardella a fait passer la consigne : plus de plateau Morandini pour les élus et représentants du parti.
Ce revirement est d’autant plus scruté que CNews a longtemps offert une forte exposition au RN : l’annonce a donc valeur de signal politique, autant que médiatique.
Pourquoi “Morandini Live” est au cœur de la polémique
Le point de bascule, c’est la décision du 14 janvier 2026 : la Cour de cassation n’a pas admis le pourvoi de Jean-Marc Morandini, rendant sa condamnation définitive.
D’après les éléments rappelés par la presse, l’animateur a été condamné (notamment) pour des messages à caractère sexuel adressés à des adolescents sur une période allant de 2009 à 2016, avec une peine de deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende, ainsi qu’une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles et une interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs.
CNews maintient Morandini : “On assume complètement”
Malgré la condamnation définitive, CNews a choisi de le maintenir à l’antenne. Le directeur général de Canal+ France, Gérald-Brice Viret, a défendu ce choix en assurant que l’animateur n’est en contact avec aucun mineur dans l’entreprise et en résumant la ligne : “on assume complètement”.
La chaîne, de son côté, évoque un “combat” judiciaire poursuivi, notamment via un recours envisagé devant la CEDH.
Un boycott qui dépasse la gauche… et déborde jusque chez CNews
À l’Assemblée, le boycott s’est progressivement étendu à presque tout l’éventail politique. Mediapart décrivait déjà une dynamique où la plupart des forces représentées refusaient de retourner sur ce plateau, le RN restant alors le dernier à maintenir une présence.
Et l’onde de choc n’est pas seulement politique : des figures de la chaîne ont aussi exprimé leur malaise, à des degrés divers, sur le maintien de l’animateur.
La Bornestein ne serait-elle pas un peu antisémite ? Et ne parlons pas de la cour qui cassa Sion…
Qui invite E.Borne?
Réponse: ceux qui sont obligés cqfd
Restez vous ! On vous a rien demandé !