Monique Barbut a donc trouvé de quoi être « horrifiée ». Pas par les chambres d’hôpital transformées en étuves. Pas par les Ehpad où les résidents affrontent la chaleur avec un ventilateur fatigué et une carafe d’eau tiède. Pas par les personnes âgées qui supportent mal les nuits à 33 degrés. Non. La ministre de la Transition écologique est « horrifiée » par ceux qui demandent de la climatisation.
Sa phrase mérite d’être relue tranquillement : « Je suis horrifiée par les gens qui me disent qu’il n’y a qu’à mettre la clim’ partout (…) Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt, la mort des animaux ? Ça n’est pas de l’adaptation, c’est une mesure d’urgence. »
« Je suis horrifiée par les gens qui me disent qu’il n’y a qu’à mettre la clim’ partout (…) Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt, la mort des animaux ? ça n’est pas de l’adapation, c’est une mesure d’urgence », déclare la ministre Monique Barbut #BFM2 pic.twitter.com/eD64B4wB3Y
— BFM (@BFMTV) June 26, 2026
Voilà. Quelqu’un parle de climatisation, et la réponse part directement vers les feux de forêt et les animaux morts. À ce rythme-là, quand un patient demandera de l’oxygène, il faudra lui répondre que ça ne sauvera pas les tortues marines.
Personne ne veut mettre une clim dans un sapin
Remettons deux ou trois choses en place, puisque cela semble nécessaire. Personne ne propose d’installer une climatisation au milieu d’une forêt pour empêcher les incendies. Personne n’a prévu de poser un climatiseur mural sur un chêne, avec une télécommande accrochée à un sanglier. Personne ne pense qu’un appareil dans une chambre d’hôpital va stopper un départ de feu dans l’Aude, le Var ou les Landes.
Ce dont il est question, c’est de climatiser ou au minimum de rafraîchir correctement des lieux où se trouvent des personnes fragiles : hôpitaux, Ehpad, chambres de soins, services de gériatrie, maternités, établissements recevant des malades lourds. Ce n’est pas exactement la même discussion que la prévention des incendies. Mais visiblement, dans certains ministères, tout finit dans le même dossier : forêt, hôpital, animal sauvage, chambre sans clim, débroussaillement, patient âgé. On secoue, on appelle ça adaptation, et on espère que personne ne demande de facture.
Le sujet a déjà été posé très concrètement par Le Média en 4-4-2 avec le cas du CHU de Nantes : de l’argent pour la communication, mais pas forcément pour garantir des chambres supportables en pleine chaleur. On peut toujours appeler cela de la sobriété. Le malade, lui, appellera peut-être ça transpirer sous perfusion.
L’écologie ne doit pas devenir l’excuse pour laisser cuire les fragiles
Il faut isoler les bâtiments. Il faut végétaliser les villes. Il faut désimperméabiliser les sols. Il faut construire autrement. Il faut protéger les forêts. Il faut préparer les territoires à des étés plus durs. Tout cela est vrai.
Mais aucune de ces mesures ne remplace une température supportable dans une chambre d’hôpital aujourd’hui, maintenant, pendant la canicule.
Planter un arbre est utile. Mais si l’arbre fait de l’ombre dans dix ans, il ne rafraîchira pas le patient de 84 ans qui suffoque cette semaine. Rénover les bâtiments est indispensable. Mais si les travaux arrivent en 2032, la personne en détresse respiratoire n’aura pas forcément la patience administrative requise.
C’est là que le discours devient indécent : on parle de « sobriété » quand il faudrait parler de sécurité. On parle d’« adaptation » quand il faudrait parfois brancher un appareil. On explique aux vieux qu’ils doivent tenir bon, pendant que les bâtiments publics français découvrent chaque été qu’ils ont été pensés pour un climat qui n’existe plus.
Les pays chauds ont compris depuis longtemps
Dans beaucoup de pays chauds, la climatisation dans les hôpitaux n’est pas traitée comme une fantaisie criminelle contre la planète. C’est un équipement normal. On n’y demande pas aux patients de choisir entre respirer correctement et sauver les écureuils.
Bien sûr, la climatisation doit être utilisée intelligemment. Mais refuser ou caricaturer la climatisation dans les lieux de soins n’a rien d’écologique. C’est une économie budgétaire maquillée en morale verte.
Le Média en 4-4-2 avait déjà pointé cette absurdité autour de la climatisation dans les écoles, hôpitaux et Ehpad. À force de présenter la clim comme un luxe suspect, on finit par oublier qu’elle peut aussi servir à éviter des malaises, des décompensations et des décès.
Monique Barbut a un portefeuille d’actions de 153 362 € réparti entre 27 entreprises, dont Airbus, BNP Paribas, LVMH et Zara. Une version initiale de sa déclaration de patrimoine comportait 2 134 € d’actions TotalEnergies et 3 551 € d’actions Saint-Gobain. On sent par ces choix d’investissements une amoureuse de la nature.
Ou une grosse soumise au mondialisme oligarchique…
Encore une honteuse déconnectée voire une possédée…