Un piège numérique implacable
« Sur Snapchat, j’ai un compte où je dis avoir 12 ans. Il a dépassé les 13 000 abonnés, dont 8 000 ont accepté de discuter avec moi. » La révélation, faite lors de l’émission #100Politique sur CNEWS, est glaçante. Depuis plusieurs années, Monsieur Fox crée des faux profils de jeunes filles sur les réseaux sociaux, notamment Snapchat, pour recueillir des preuves de comportements illicites. Il les transmet ensuite aux autorités, sans se revendiquer comme un justicier, mais comme un simple « collecteur de preuves ».
Sa méthode est rigoureuse : il ne prend jamais l’initiative des conversations, n’ajoute personne, et rappelle systématiquement l’âge fictif de son personnage ainsi que le caractère illégal des échanges. Les dossiers qu’il constitue, composés de captures d’écran, d’enregistrements et parfois de vidéos diffusées en direct sur Twitch, sont autant de preuves accablantes. Depuis fin 2023, il utilise même des outils d’intelligence artificielle pour générer des visages, des arrière-plans ou des voix, rendant ses profils d’autant plus crédibles.
Affaire Lyhanna : «Sur Snapchat, j’ai un compte où je dis avoir 12 ans, qui a dépassé les 13.000 abonnés, dont 8.000 ont accepté de discuter avec moi», témoigne Monsieur Fox, hameçonneur de pédocriminels, dans #100Politique pic.twitter.com/LYcEHkZx3H
— CNEWS (@CNEWS) June 13, 2026
Un combat né de l’expérience
Monsieur Fox connaît le terrain. À 13 ans, il a lui-même été confronté à un pédocriminel sur la plateforme Habbo. Aujourd’hui, il insiste : « Ces comportements ne sont pas nouveaux. Mais les outils numériques, et désormais l’IA, en ont décuplé l’ampleur. » Son action, qu’il partage parfois publiquement à des fins de sensibilisation, illustre une réalité terrifiante : des milliers de personnes acceptent d’engager des discussions avec ce qu’elles croient être une enfant.
Une justice à la traîne, un citoyen en première ligne
Pourtant, les autorités rappellent que les signalements doivent transiter par les canaux officiels (Pharos, plateformes des réseaux sociaux, gendarmerie ou police) pour ne pas compromettre les enquêtes en cours. Les initiatives citoyennes comme celle de Monsieur Fox, bien que parfois utiles, risquent en effet d’alerter les suspects et de les inciter à détruire des preuves.
Mais dans un système où des hommes comme Jérôme Barella – déjà signalé à plusieurs reprises pour des faits de pédocriminalité – peuvent agir en toute impunité, Monsieur Fox devient, malgré lui, un acteur clé de la lutte contre ces crimes. Son témoignage dans #100Politique est accablant : en quelques mois, un seul faux profil d’enfant peut générer des milliers de contacts potentiellement illicites.
Un constat accablant : l’inaction coûte des vies
L’affaire Lyhanna a remis au cœur du débat une question lancinante : comment améliorer la coordination entre signalements, enquêtes judiciaires et modération des plateformes numériques ? Monsieur Fox, lui, a choisi d’agir. Reste à savoir si la France saura — enfin — suivre son exemple.
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