Géopolitique

Nos chers eurodéputés confondent l’Iran avec la Bulgarie, mais approuvent la politique étrangère de l’Europe

Dans l'enceinte du Parlement européen, où l'on façonne l'ordre mondial entre un chèque et deux macarons, une enquête explosive vient ébranler l'image de cette institution sacrée. Plusieurs eurodéputés français, ces phares de la politique, ne situent l'Iran que très approximativement. Le constat est accablant.

mise à jour le 17/03/26

Bruxelles, capitale de l’Europe, où l’on décide du sort du monde avec la précision d’un lanceur de fléchettes aveugle.


L’humiliation cartographique

L’émission Quotidien a osé l’impensable : tendre une carte du monde à nos illustres représentants et leur demander méchamment d’y localiser l’Iran. Le résultat dépasse l’entendement. Benjamin Haddad, notre ministre délégué à l’Europe – dont la fonction implique théoriquement de distinguer un État d’un département – a certes désigné le détroit d’Ormuz, mais sans saisir que l’Iran en contrôle la rive septentrionale.

La comédie géopolitique

L’ironie atteint son paroxysme lorsque ces mêmes cerveaux disponibles pontifient solennellement sur l’État iranien. La dernière déclaration de la haute représentante de l’UE sur le programme nucléaire, les missiles balistiques et la stabilité régionale constitue un chef-d’œuvre du genre : un texte ampoulé appelant à la retenue, au droit international et à la coopération avec l’AIEA. Magnifique exercice de style, si ce n’est que ses signataires seraient bien en peine de distinguer l’Iran de l’Irak sur une mappemonde…



L’Élysée, nouvel institut géographique national

Notre président-directeur général, Emmanuel Macron, ne saurait être en reste dans cette entreprise de déconstruction cartographique. L’hôte du palais, qui manie l’État d’une main aussi ferme que son atlas est approximatif, avait déjà offert au pays quelques pépites mémorielles : la Guyane élevée au rang d’île paradisiaque (ses frontières terrestres avec le Brésil doivent être une hallucination collective), la Guadeloupe transformée en destination d’expatriation, et Villeurbanne – commune limitrophe de Lyon – expédiée dans la « région lilloise ». Son bréviaire Révolution renferme cette perle : « Lorsqu’on habite Stains en région parisienne ou Villeurbanne en région lilloise, il est plus simple de créer son entreprise que d’obtenir un entretien. » À ce stade, on s’étonne presque qu’il n’ait pas annexé la Suisse à la Corrèze.

Remède de cheval pour élites déboussolées

Face à ce désastre cognitif, Le Média en 4-4-2 préconise une thérapie de choc : soumettre tout élu à un test de localisation préalable à chaque vote de politique étrangère. En attendant, Téhéran peut pavoiser : face à des adversaires aussi désorientés, l’arsenal nucléaire devient presque superflu. Une simple carte froissée, savamment glissée dans les dossiers, suffirait à plonger Bruxelles dans la confusion la plus totale.

Le Média en 4-4-2 décline toute responsabilité en cas de conflit diplomatique déclenché par la lecture de cet article. La rédaction jure qu’elle sait parfaitement où se trouve l’Iran.

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