Musique

Face à la participation d’Israël, quatre pays européens tournent le dos à l’Eurovision 2026

Le carnaval politico-musical de l’Eurovision affronte une nouvelle tempête. Quatre pays – les Pays-Bas, l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie – viennent d’annoncer leur retrait de l’édition 2026. Motif : le maintien de la participation israélienne. Sous des déclarations convenues sur les « valeurs », c’est un acte d’accusation politique qui est signé, visant directement les actions génocidaires d’Israël à Gaza.

mise à jour le 06/12/25

L’Eurovision trouve plus simple d’intégrer Israël au continent européen que de l’exclure pour violations des droits humains.

Un anniversaire sous le signe de la discorde

Prévue à Vienne pour fêter ses 70 ans, la compétition devait célébrer l’« unité ». Le thème, « Building Bridges », sonne aujourd’hui comme une mauvaise plaisanterie. L’Union européenne de radio-télévision (UER), organisatrice, a pourtant confirmé le cadre : finales les 12 et 14 mai, grande finale le 16 à la Wiener Stadthalle. L’Autriche, par la voix de l’ORF, minimise l’impact des désertions et promet un spectacle inchangé, financé par un système de loterie de billets déjà ouvert.




La porte claquée : un geste politique calculé

Le 4 décembre, les diffuseurs publics des quatre nations ont rendu leur verdict, sans ambages. Pour l’Espagne (RTVE), le processus de l’UER est « insuffisant ». Les Pays-Bas (AVROTROS) invoquent leurs principes, « violés » par la crise humanitaire à Gaza. L’Irlande (RTÉ) estime la participation israélienne « inconcevable » en l’état. La Slovénie (RTVSLO) dédie son boycott aux enfants de Gaza. Ces gestes, salués par le mouvement BDS, s’inscrivent dans une stratégie plus vaste de boycott culturel. La Belgique (côté flamand) et la Turquie pourraient suivre, épaississant les rangs des protestataires.

L’UER, elle, campe sur sa ligne : Israël est un membre associé depuis 1973, et l’Eurovision doit rester un événement musical. Un positionnement qui fait sourire quand on se souvient de l’exclusion de la Russie depuis 2022 – preuve que la neutralité a ses exceptions géopolitiquement acceptables.




Une scène qui se vide, un symbole qui s’effrite

Au-delà des justifications morales, la défection de quatre diffuseurs publics interroge la pérennité financière et symbolique de l’événement. Si Vienne assure pouvoir absorber le choc, l’audience et les recettes publicitaires en pâtiront. Surtout, l’Eurovision 2026 s’annonce comme le reflet d’une Europe incapable de chanter en chœur dès lors que la Palestine est en jeu. La musique continuera peut-être, mais l’harmonie, elle, est déjà rompue. Reste à voir combien d’autres pays, à l’heure des bilans, choisiront le silence plutôt que la mélodie du statu quo.

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