Une analyse de Laurent Michelon, publiée sur son compte X.
Alors que les États-Unis retirent tout leur personnel diplomatique d’Arabie saoudite, signalant ainsi leur intention d’intensifier le conflit qu’ils ont déclenché avec l’Iran, la Chine exhorte toutes les parties à cesser immédiatement les opérations militaires, à empêcher une nouvelle escalade des tensions et à éviter de causer davantage de dommages aux populations des pays de la région.
Zhai Jun, l’envoyé spécial du gouvernement chinois pour la question du Moyen-Orient, a rencontré dimanche en Arabie saoudite le ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal bin Farhan Al Saud.
La Chine est profondément préoccupée par l’escalade de la guerre dans une région qui fournit une grande partie de ses importations de pétrole. La guerre perturbe la stabilité régionale, l’approvisionnement énergétique et la sécurité maritime. Le peuple chinois, lui, a instinctivement choisi son camp : l’ambassade d’Iran est submergée de dons du peuple chinois, et a dû émettre une note publique pour remercier le peuple, et refuser les dons pour le moment.
L’Arabie saoudite, ainsi que d’autres monarchies pétrolières, doivent se sentir trahies par leur « allié » américain, qui leur a demandé (ordonné ?) de débourser 1 milliard de dollars chacune pour avoir le privilège de rejoindre le Conseil pour la paix mis en place par l’administration Trump, pour finalement être entraînées dans une guerre totale six semaines après avoir adhéré à cette initiative de paix coûteuse et « réservée aux membres ».
La Chine, qui préfère toujours respecter les principes du droit international au sein de l’ONU, n’a pas adhéré à cette initiative américaine, qui a pour ambition de remplacer l’ONU.
L’Indonésie, autre état asiatique majeur, a menacé de quitter cette organisation quelques semaines seulement après y avoir adhéré, si elle ne bénéficie pas aux Palestiniens.
La position de la Chine sur cette question est objective et impartiale. Elle demande à toutes les parties de cesser le feu et de retourner à la table des négociations, sachant qu’il est très improbable que les États-Unis et Israël concèdent leur défaite après seulement une semaine de conflit, et que l’Iran a le droit de se défendre, n’a même pas commencé à exploiter son vaste arsenal d’armes modernes et dispose de nouvelles options pour riposter, l’agresseur ayant déjà créé un précédent en bombardant des infrastructures civiles iraniennes (usines de dessalement et raffineries).
Ce conflit pourrait soudainement prendre une tournure catastrophique pour les pétromonarchies : 90 % de leur eau est fournie par des usines de dessalement et 85 % de leur approvisionnement alimentaire transite par le détroit d’Ormuz.
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