Opération « Rugissement du Lion » : le grand nettoyage géopolitique
L’offensive conjointe avec Washington, pompeusement baptisée « Roar of the Lion », n’a pas pour objectif de simplement museler les ambitions nucléaires de Téhéran. Non. Netanyahou vise plus haut : un changement de régime pur et simple. Il a ainsi exhorté le peuple iranien à prendre son destin en main, entre deux tapis de bombes déroulés sur ses propres quartiers. « Le moment de votre libération approche », a-t-il lancé, l’air de celui qui offre des fleurs après avoir incendié le champ. Et pour cause : selon Bibi, les Gardiens de la Révolution en prendraient plein les dents, les sites souterrains seraient pulvérisés, et quelques scientifiques ont probablement reçu leur lettre de licenciement version missile. « Nous sommes à vos côtés », a-t-il ajouté, en oubliant de préciser que ces « côtés » étaient souvent en ruines.
Le tout sous l’œil bienveillant de Donald Trump, avec qui il converse « presque tous les jours », comme deux complices savourant un barbecue géopolitique. Et pour faire bonne mesure, le Hezbollah libanais a eu droit à ses propres colis cadeaux, avec menace implicite pour Beyrouth : désarmez ou brûlez.
🚨🇮🇷 #NetanyahuWarCriminal qui déclare qu’#Israël 🇮🇱 tiendra « jusqu’à l’arrivée du Messie ». #IsraelIranWar #IsraelTerroristEntity pic.twitter.com/OwwfAbBJ8Z
— Marc Gabriel Draghi (@gabriel_draghi) March 12, 2026
La foi, ce carburant de guerre
La sortie sur le Messie n’a rien d’un lapsus. Les archives montrent un Netanyahou, dès les années 1990, recevant les bénédictions du rabbin Schneerson pour accélérer la venue du royaume. Aujourd’hui, cette religiosité stratégique sert surtout à galvaniser les troupes et à noyer le réel sous un déluge de symboles. Pendant que les chaînes arabes montrent des images de Téhéran en miettes, lui menace Mojtaba Khamenei et Naim Qassem de les priver d’assurance-vie. Un humour d’agent d’assurance, en somme, mais version armageddon.
L’éternel retour du même
Interrogé sur ses propres déboires judiciaires, Netanyahou a balayé d’un revers de main ce qu’il qualifie de « cirque ». Seule compte la guerre, et le budget qui va avec. Que la déclaration messianique soit une manœuvre politique ou une conviction profonde, elle illustre surtout une constance : en Israël, la politique étrangère a souvent une case Dieu. Reste à savoir si cette foi soulèvera les montagnes ou les réduira en poussière.
Sauf que la longue absence médiatique du fanfaron malfaisant Milleikowsky alias Natanyahu, un slave polonais authentique qui se dit sémite, questionne. Les Iraniens ont sans doute opéré une élimination groupée qu’il convient de taire.