Un espoir porté jusqu’au bout
Classée 101e au classement FIFA, la Palestine abordait ce match avec l’espoir de décrocher une victoire qui lui aurait permis d’accéder au tour de repêchage des qualifications asiatiques pour le Mondial 2026, organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Malgré un contexte géopolitique extrêmement difficile, marqué par le génocide en cours à Gaza, l’équipe palestinienne a fait preuve d’une résilience remarquable tout au long de son parcours.
Dès le coup d’envoi, les joueurs d’Ihab Abu Jazar ont affiché leur détermination. À la 49e minute, Oday Kharoub, servi par un centre précis d’Adam Kaied, a ouvert le score, faisant vibrer les supporters palestiniens présents dans les gradins du stade du roi Abdullah II. Ce but a ravivé l’espoir d’une qualification historique, d’autant qu’Oman s’est retrouvé réduit à dix après l’expulsion de Harib Al-Saadi à la 73e minute.
Un penalty fatal dans le temps additionnel
Dominateurs et portés par l’élan de leur avantage numérique, les Lions de Canaan semblaient tenir leur exploit. Mais le football, souvent imprévisible, a réservé un dénouement cruel. À la 97e minute, dans le temps additionnel, un penalty a été sifflé en faveur d’Oman. Al Sabhi n’a pas tremblé face au gardien Rami Hamadeh et a égalisé (1-1), brisant les espoirs palestiniens. Ce but tardif a non seulement privé la Palestine de la victoire, mais a également permis à Oman, avec 11 points, de chiper la 4e place du groupe B, synonyme de qualification pour le tour suivant.
« C’est un coup dur, mais nos joueurs ont tout donné », a déclaré le sélectionneur Ihab Abu Jazar après le match, la voix empreinte d’émotion. « Nous jouons pour notre peuple, pour montrer au monde que la Palestine existe et résiste. »
Un parcours héroïque malgré l’adversité
Ce match nul, bien que déchirant, ne doit pas occulter le parcours exceptionnel de la sélection palestinienne. Dans un contexte où les joueurs s’entraînent souvent loin de chez eux, parfois aux Émirats arabes unis ou au Qatar, et où le championnat local est à l’arrêt, la Palestine a réussi à tenir tête à des adversaires de renom. Parmi les moments forts de leur campagne, on retiendra leur victoire héroïque face à l’Irak (2-1) en mars 2025, arrachée dans les dernières secondes, ou encore leur match nul contre la Corée du Sud (0-0) en septembre 2024, salué par un public sud-coréen brandissant des drapeaux palestiniens.
Oday Dabbagh, attaquant vedette évoluant en Europe, a une nouvelle fois incarné l’âme de cette équipe. « Nous portons un message pour notre peuple, pour rendre nos fans heureux malgré les circonstances », avait-il déclaré avant la rencontre face à Oman. Malgré l’élimination, la Palestine a déjà assuré sa qualification pour une quatrième Coupe d’Asie des Nations consécutive, un exploit pour une nation de seulement 5 millions d’habitants, privée d’infrastructures modernes et confrontée à des défis logistiques immenses.
Une lumière dans l’obscurité
Au-delà du résultat, ce parcours qualificatif a permis de mettre en lumière la résilience et le talent des footballeurs palestiniens. Comme l’a souligné le capitaine Mohammed Rashid avant le match contre l’Australie en 2024, « la Coupe du Monde est la plus grande plateforme pour faire connaître le nom de la Palestine au monde entier ». Même sans qualification, les Lions de Canaan ont réussi à capter l’attention et à inspirer, portant haut les couleurs d’un peuple en quête de reconnaissance.
Sur les réseaux sociaux, les messages de soutien affluent. « Vous nous avez rendus fiers, la tête haute ! » écrit un supporter sur X. Un autre ajoute : « Ce n’est pas qu’un match, c’est une lutte pour exister. » La Palestine, éliminée sur le fil, n’ira pas à la Coupe du Monde 2026, mais elle a prouvé qu’elle avait sa place sur la scène internationale, bien au-delà des terrains de football.
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