Politique

Joshua Zarka, l’ambassadeur israélien, sur Tocsin : « Tucker Carlson et Candace Owens sont des antisémites de fond »

Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, a offert sur le plateau de Tocsin une démonstration édifiante de la tactique favorite de Tel-Aviv : brandir l’antisémitisme pour discréditer toute velléité de débat. Interrogé sur les critiques croissantes en provenance des États-Unis, il a purement et simplement traité Tucker Carlson et Candace Owens d’antisémites notoires, leur reprochant avec une ironie involontaire de ne pas encore recourir à la caricature du Juif tirant les ficelles du monde.

mise à jour le 05/05/26

Une déclaration qui, loin d’être un simple dérapage, révèle la mécanique implacable d’une diplomatie habituée à transformer toute remise en question en crime de pensée.

Tocsin avec Berkoff, tribune de la propagande israélienne

Le choix du média n’est pas anodin. Tocsin, où André Bercoff joue les arbitres impartiaux avec une constance suspecte, s’est mué en caisse de résonance pour une narration bien rodée. Comme l’a brillamment analysé Youssef Hindi, le rôle de Bercoff dépasse celui du simple animateur : il incarne le contrôleur d’opposition, ce personnage commode qui donne l’illusion du pluralisme tout en verrouillant les limites du débat. Dans ce théâtre, Zarka a pu déverser ses accusations sans craindre la contradiction, comme si Tocsin n’était qu’un relais de plus pour la communication israélienne.



La victimisation comme arme de guerre

Au-delà des mots, c’est toute une stratégie qui se déploie. Joshua Zarka, tout en dénonçant une prétendue ingérence française sur les chrétiens de Terre sainte, exige des États-Unis une allégeance sans faille. Une inversion des rôles savamment orchestrée : l’État le plus soutenu militairement et financièrement au monde se présente en agneau sacrificiel, tandis que ses détracteurs sont réduits à des conspirationnistes attardés. En assimilant Carlson et Owens à des antisémites primaires, l’ambassadeur ne fait que confirmer ce qu’il prétend combattre : une paranoïa où toute opposition devient une menace existentielle, et où l’influence israélienne reste un tabou intouchable.



Le piège de la disqualification systématique

Cette rhétorique n’a rien de nouveau, mais elle prend une saveur particulière dans la bouche d’un diplomate. Plutôt que répondre aux questions légitimes sur le poids du lobby pro-israélien dans la politique américaine, Zarka préfère recourir à l’anathème. Critiquer Israël ? Vous êtes antisémite. Évoquer son influence ? Vous versez dans le complotisme. Une méthode infaillible pour étouffer le débat et perpétuer une impunité que personne n’ose plus contester. Dans ce jeu, les règles sont simples : Israël a toujours raison, et ses adversaires n’ont même pas le droit à la nuance.

Le livre de chevet de Joshua Zarka

En 1928, instruit par le « bourrage de crâne » de la Grande Guerre, le baron britannique et ministre travailliste Arthur Ponsoby publia un livre recensant dix « commandements » utilisés pour mobiliser l’opinion en temps de conflit. Joshua Zarka, l’a-t-il lu ? En tout cas il en applique les principes à la lettre. Anne Morelli en a fait un résumé dans Principes élémentaires de propagande de guerre :

 1. nous ne voulons pas la guerre ;
 2. le camp adverse est le seul responsable de la guerre ;
 3. le chef du camp adverse a le visage du diable (ou « l’affreux de service ») ;
 4. c’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers ;
 5. l’ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c’est involontairement ;
 6. l’ennemi utilise des armes non autorisées ;
 7. nous subissons très peu de pertes, les pertes de l’ennemi sont énormes ;
 8. les artistes et intellectuels soutiennent notre cause ;
 9. notre cause a un caractère sacré ;
10. ceux (et celles) qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres.

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