Des relations 100 % digitales, 0 % réelles
Ne vous méprenez pas : ces ados ne mentent pas. Leur copine existe bel et bien. Elle a un prénom (souvent Luna ou Kylie), des photos de profil (filtres inclus), des stories quotidiennes (pour prouver qu’elle respire, enfin… virtuellement), et parfois même un abonnement Netflix partagé (parce que même l’amour fictif a besoin de divertissement). Simplement, elle n’a jamais mis les pieds dans la réalité. Aucun café, aucun cinéma, aucun parc où l’on pourrait, par tradition, se tenir la main sans risquer un lag émotionnel.
«Quand je reçois un jeune qui me confie avoir une petite amie, je lui demande tout d’abord s’il l’a déjà vue. Dans 90% des cas, ce n’est pas le cas», raconte la psychanalyste Caroline Eliacheff sur le plateau du Figaro TV. pic.twitter.com/ZppYZ0fhiG
— Le Figaro (@Le_Figaro) June 13, 2026
L’amour 2.0 : une révolution ou juste une flemme générationnelle ?
Faut-il y voir une avancée sociétale majeure, où l’amour se libère enfin des contraintes du corps et de l’espace ? Ou simplement la preuve que les ados ont trouvé le moyen de draguer sans jamais quitter leur chambre ?
Caroline Eliacheff, elle, ne juge pas. Elle se contente de constater que, pour une génération entière, la rencontre physique est devenue aussi optionnelle que les légumes dans un menu McDo.
Le virtuel : le nouveau terrain de jeu de l’amour (et de la procrastination affective)
Dans un monde où l’on peut travailler, étudier, se disputer et rompre sans bouger de son canapé, pourquoi s’embêter à rencontrer l’être aimé en vrai ? Certains patients de Caroline Eliacheff lui décrivent des relations ultra-intenses : déclarations d’amour en DM, projets de mariage sur Among Us, et même des crises de jalousie… parce que « elle a liké la story de mon ex ». Le tout sans avoir jamais entendu sa voix IRL, ni vu son visage autrement qu’en 1080p.
Faut-il mettre à jour le dictionnaire ?
La psychanalyste ne se prononce pas sur la légitimité de ces relations. Elle souligne simplement que, pour beaucoup de jeunes, la question « Tu l’as déjà vue ? » est devenue aussi pertinente que « Tu as fait tes devoirs ? ». « Avoir une copine » pourrait bientôt signifier « avoir quelqu’un avec qui on passe ses soirées sur Discord en mangeant des Kinders ».
Quant à la fameuse question « Tu l’as déjà vue ? », elle risque de devenir le nouveau « Tu as un permis ? » de la génération Z.
Caroline Eliacheff : la seule à encore poser les bonnes questions
En attendant, Caroline Eliacheff continue de demander « Tu l’as déjà vue ? » à ses patients. Par professionnalisme, bien sûr. Mais aussi parce que, avouons le, c’est devenu la seule façon de savoir si on parle d’amour… ou de folie passagère.
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