Dans cette vidéo, Marcel D. montre pourquoi l’affaire Morandini ne se limite pas à un scandale télé : c’est un déclencheur au cœur d’une guerre de pouvoir entre empires médiatiques.
En épluchant les faits, en recoupant les événements récents, et surtout en travaillant les trois derniers “Faits & Documents” consacrés à l’empire Bolloré, Rachida Dati et Rodolphe Saadé, une évidence saute aux yeux : ce qui se joue derrière CNews, BFM, M6 et la réforme des règles médias, c’est une reconfiguration massive. Cette info est une bombe. Pas parce que “ça fait du bruit”, mais parce qu’elle révèle qui protège qui, qui avance ses pions, et qui profite du timing.
La vraie question, c’est simple : à qui va profiter tout ça ? La réponse est dans la vidéo. Ce qui se met en place maintenant va peser très lourd sur la France et sur les Français.
1) Les faits judiciaires (le socle)
21 mars 2025 — Condamnation en appel (corruption de mineurs)
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Cour d’appel de Paris : Jean-Marc Morandini est condamné à 2 ans de prison avec sursis et 20 000 € d’amende pour corruption de mineurs (faits : messages à caractère sexuel envoyés à trois adolescents, période 2009–2016). Avec des mesures complémentaires (ex : inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles, interdiction liée au contact avec des mineurs).
14 janvier 2026 — Cassation : pourvoi non admis, condamnation définitive (corruption de mineurs)
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Cour de cassation : le pourvoi est rejeté / non admis, rendant la condamnation définitive.
22 janvier 2026 — Désistement d’un autre pourvoi, deuxième condamnation définitive (harcèlement sexuel)
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Morandini se désiste de son pourvoi en cassation contre sa condamnation pour harcèlement sexuel, ce qui rend cette condamnation définitive également.
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Cette affaire est liée à des “castings”. Une pseudo-directrice de casting, Catherine Leclerc – qui n’était autre que Jean-Marc Morandini sous pseudonyme – leur avait adressé des courriels pour leur demander avec insistance d’envoyer des vidéos d’eux nus, le pubis rasé, et de scènes de masturbation parfois avec éjaculations. (10 000 euros et indemniser Gabriel, la victime de harcèlement)
2) Le pivot médiatique : “CNews le garde à l’antenne” (et ça met le feu)
14–20 janvier 2026 — Le maintien à l’antenne déclenche une crise interne et publique
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Malgré la condamnation devenue définitive le 14 janvier, CNews maintient Morandini à l’antenne, ce qui déclenche une vague de réactions.
3) La séquence politique et les prises de distance à l’antenne
20 janvier 2026 — Jérôme Guedj interpelle Sonia Mabrouk en direct
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Sur CNews/Europe 1, le député Jérôme Guedj l’interroge sur le maintien de Morandini.
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Sonia Mabrouk répond en substance : malaise / légitimité de la question, dit que la décision ne lui appartient pas, évoque les victimes.
24 janvier 2026 — Pascal Praud soutient Mabrouk publiquement
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Pascal Praud publie un message de soutien à Mabrouk (formule “mots justes”, etc.), ce qui est lu comme un nouveau marqueur de malaise à l’antenne.
25 janvier 2026 — Laurence Ferrari s’exprime à son tour
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Laurence Ferrari déclare être “aux côtés des victimes” et s’exprime sur le maintien de Morandini, tout en rappelant sa position vis-à-vis de la chaîne (selon les articles).
26 janvier 2026 — RN : consigne de ne plus aller chez Morandini
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Jordan Bardella demande/ordonne aux élus RN de ne plus participer aux émissions de Morandini.
26 janvier 2026 — Élisabeth Borne : appel clair au boycott
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Invitée de BFMTV, Élisabeth Borne déclare en substance : “s’il m’invitait, je n’irais pas… et ce serait une bonne idée que ce soit la règle”, ce qui ressemble à un appel au boycott généralisable. Rappelons que le 27 septembre 2018 (Marseille) : Élisabeth Borne (alors ministre des Transports sous Emmanuel Macron) et Rodolphe Saadé inaugurent ZeBox (incubateur de CMA CGM) et le 6 septembre 2018 (Le Havre) : inauguration du porte-conteneurs CMA CGM Antoine de Saint Exupéry.
Hasard du calendrier : Thomas Bauder (directeur de l’information de CNews) condamné pour violence : Gifles, insultes, douches froides… sur ses propres enfants
B) La pseudo “dissidence” à l’antenne est un symptôme : gestion du risque (image / carrière)
Quand des figures très exposées (Mabrouk, Praud, Ferrari) prennent la parole, même de façon cadrée, elles signalent un point clé :
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elles voient venir un coût (isolement politique, critique publique, risque interne),
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et elles cherchent à se désolidariser moralement sans forcément rompre contractuellement.
Voir portrait CNews « Faits et Documents » : quand des cathos, des francs-maçons et des sionistes marchent derrière Bolloré
4) Le “point central” : l’échappatoire BFM/RMC
Si Mabrouk et Praud osent prendre une distance publique, c’est parce qu’ils ont une porte de sortie chez BFM/RMC (groupe Saadé/CMA CGM), donc moins peur de Bolloré.
Ce qui est documenté
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Rodolphe Saadé (via CMA CGM) est devenu officiellement propriétaire de BFM-TV/RMC après la cession Altice Media de Patrick Drahi finalisée en juillet 2024.
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BFM/RMC a tenté de débaucher des visages de CNews, avec des montants élevés évoqués pour Pascal Praud.
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Sonia Mabrouk a déclaré avoir reçu « une proposition émanant du groupe RMC BFM »
5) L’autre couche : la bataille d’actionnaires / la reconfiguration des empires médias
Saadé “entre dans le game” : factuel et daté
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Dans le classement Challenges 2025, “Rodolphe Saadé et sa famille” sont donnés à 35 Md€. CMA CGM est présents dans plus de 170 pays à travers plus de 400 agences locales, ils conçoivent et déploient des solutions de transport qui accompagnent les marchandises tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
- Le 29 février 2024 : CMA CGM annonce avoir finalisé l’achat de 100% de Bolloré Logistics pour 4,85 milliards d’euros (via sa filiale logistique CEVA).
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CMA CGM/Saadé est actionnaire de M6 à plus de 10 % .
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Reuters (26 janvier 2026) rapporte que M6 et son actionnaire CMA CGM poussent une réforme du droit des médias pour permettre davantage de consolidation/M&A en Europe — ce qui place Saadé en position d’expansion si le cadre bouge pour des opérations de fusions-acquisitions pour mieux résister aux plateformes américaines en devenant un acteur majeur couvrant TV/radio/presse/social/digital, et l’acquisition de l’intégralité de M6 créerait un deuxième grand groupe de médias français capable de rivaliser avec TF1.
6) “Faits & Documents n°548”
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Le n°548 sur Rodolphe Saadé (portrait) donne toute la mesure sur le géant Saadé. (Vidéo à venir : Marcel D. reçoit Pierre de Brague concernant le portrait de Rodolphe Saadé)
L’empire Bolloré (CNews) gêne l’empire Saadé (BFM) parce qu’il capte l’audience (chiffres Médiamétrie audience : CNews 3,4% vs BFMTV 2,8%), l’agenda et une partie de la centralité politique ; et la crise Morandini peut ouvrir une fenêtre pour BFM. Mais ça n’empêche pas Saadé de construire un champion : il vise surtout à grossir en regroupant des médias pour créer un groupe assez puissant — une “taille critique” — afin de peser face aux grands acteurs, pas seulement dans un duel BFM/CNews.
7) Qui va pouvoir changer les règles ? Rachida arrive comme par magie !
Hasard des nominations, c’est Rachida Dati (voir : Portrait « Faits et Documents » de Rachida Dati… de la banlieue au ministère, puis l’assaut sur Paris) intervient en tant que ministre de la Culture en charge des règles du jeu audiovisuel, et que la réforme demandée par M6/CMA CGM relève directement de son portefeuille. Selon Reuters :
« Un amendement aux règles, approuvé par le Sénat français, raccourcirait la période d’incessibilité de la licence de cinq à deux ans, permettant ainsi à M6 de réaliser des opérations de fusions-acquisitions dès 2028 au lieu de 2032. La ministre française de la Culture, Rachida Dati, est favorable à cette réforme, […]. Selon certaines sources, toute modification de la loi sur les médias devra intervenir avant les élections municipales de mars. Un porte-parole de Dati n’a pas répondu à notre demande de commentaires. »
8) Reste maintenant à savoir à qui tout cela va profiter ?
Au-delà de Morandini, ce qu’on voit, c’est une mécanique de pouvoir. Dati arrive à la Culture — portefeuille qui gère directement les règles de l’audiovisuel — au moment exact où Saadé/CMA CGM pousse une réforme qui accélère la consolidation. Et pendant que CNews s’enlise, Borne donne le ton sur BFM avec l’idée du boycott. Derrière, Saadé tente aussi de récupérer des visages, des équipes, des marques : c’est une recomposition.
Et tout ça sert un objectif politique. Pas “pour demain”, mais pour après. Macron ne peut pas se représenter en 2027, ok. Mais 2032, c’est une autre histoire.
Si tu aides à fabriquer un bloc média énorme — le plus puissant en France, peut-être même en Europe — tu crées une machine capable de faire et défaire des images, de protéger un camp, d’installer une narration. Et ça, le jour où il faut revenir, ça vaut de l’or.
Donc la question n’est pas “Morandini oui/non”. La question c’est : qui construit le futur robinet médiatique, et pour qui.
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