Il y a des carrières médiatiques qui se terminent comme elles ont commencé : non pas dans le fracas des révélations, mais dans le silence administratif, celui qui murmure « circulez, y’a rien à voir » sans même daigner articuler un « merci pour les services rendus ».
Dernier épisode en date pour Céline Pina, cette ex-socialiste reconvertie en sniper verbal sur CNews : le 24 janvier 2026, elle balance sur X une petite complainte amère. Répondant à une fan nostalgique qui lui demande quand elle reviendra illuminer l’antenne, elle lâche :
« Je crois qu’il n’y en aura pas. Mais personne à la direction de CNews ne me dit pourquoi. J’ai été mise sur la touche. »

Oh, la pauvre chérie ! Mise sur la touche comme un vieux ballon dégonflé qu’on range au grenier. À l’antenne, l’assurance d’une reine du clash ; en coulisses, le vide sidéral. La grande illusion des plateaux Bolloré : on y distribue des verdicts comme des confettis, mais on n’y reçoit jamais de note de frais pour ses propres turpitudes.
Le boomerang lexical, modèle “fond de cuve” : une comptabilité implacable
Le problème avec les formules méprisantes, c’est qu’elles vous donnent cette illusion de puissance godillée… jusqu’au jour où elles vous reviennent en pleine gueule, non pas par un caprice karmique, mais parce que la langue est une comptabilité rigoureuse : tout se paie, avec intérêts composés.
Retour en juillet 2022, sur le plateau de l’émission « On peut tout se dire » (ironique, le titre, quand on voit ce qui s’y est dit sans filtre). Le débat porte sur les soignants et pompiers suspendus pendant le Covid, ces héros en blouse blanche ou en tenue ignifugée qui ont osé dire non au vaccin, et que le gouvernement refusait de réintégrer. Céline Pina, avec la délicatesse d’un marteau-piqueur sur une porcelaine fine, tranche :
« On parle de 2000 personnes, donc là, on a quand même affaire au fond de cuve. »
Et vlan, le plateau explose de rire, comme si humilier des gens qui ont tenu les urgences à bout de bras était le comble du chic. Rire, ici, n’est pas un spasme innocent : c’est une validation collective, un tampon qui dit « c’est bon, on peut y aller, c’est open bar sur le mépris ».
« Fond de cuve » ? Traduction pour les non-initiés : les résidus vaseux, le truc infâme qu’on racle au fond d’une barrique pourrie, trop dégueu pour être servi. Ces soignants, ces pompiers – des vies risquées pour sauver les nôtres – réduits à des déchets par une chroniqueuse qui n’a probablement jamais changé un pansement de sa vie.
Et aujourd’hui ? La scène s’inverse avec une précision chirurgicale. La voilà qui goûte à sa propre médecine : l’exclusion sans fanfare, la relégation sans motif, la porte qui claque sans un « cordialement, on vous écrira ». Ce n’est plus « le fond de cuve » des autres ; c’est la mise au placard par la direction de CNews, et bizarrement, c’est beaucoup moins hilarant quand on est du mauvais côté du micro.
Subversif, non ? Celle qui traitait les sauveurs de la nation comme des rebuts se retrouve elle-même jetée comme un vieux vin tourné. Karma ma chère, et il a un sens de l’humour trash.
Gaza, ou l’acrobatie morale en direct : quand les mots tuent deux fois
Autre séquence, autre vertige moral qui donne envie de hurler à la lune : octobre 2023, sur Punchline, toujours sur CNews. Dans un passage qui a fait le tour des réseaux (et pour cause), Céline Pina oppose crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et lâche cette perle :
« Une bombe qui explose tuera sans doute des enfants, mais ces enfants ne mourront pas en ayant l’impression que l’humanité a trahi tout ce qu’ils étaient en droit d’attendre. »
C’est comme emballer l’horreur dans du papier cadeau philosophique, en prétendant que la mort « propre » vaut mieux que la trahison.
Le sujet est d’une gravité abyssale – des vies innocentes fauchées dans un conflit qui pue la barbarie – et il exige précisément l’inverse : prudence, clarté, responsabilité. Au lieu de ça, on a droit à une hiérarchie morale forcée, une acrobatie verbale qui tente de justifier l’injustifiable au milieu des cadavres.
Conclusion (ou presque)
Au final, Céline, si tu scrutes tes mentions sur X (et on sait que tu adores ça), profite de cette mise sur la touche pour une petite introspection. Peut-être que le vrai « fond de cuve », c’était toi tout du long – ce résidu de mépris qui a fini par encrasser l’antenne.
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