Son premier grand meeting, qui s’est déroulé ce samedi 13 juin aux Docks de Paris à Aubervilliers, s’annonçait donc sous les meilleurs auspices : entre deux incantations chamaniques, les militants se sont consolés dans un bar de Pigalle, histoire de célébrer comme il se doit cette « audace » revendiquée. Une audace qui, pour l’instant, ressemble surtout à une succession de coups de poker mal calculés.
Une équipe de campagne à l’image de son leader : éclectique et suspecte
L’entourage de Raphaël Glucksmann ne se limite pas à ce thérapeute des temps modernes. Le Canard enchaîné révèle en effet que son équipe de campagne compte dans ses rangs des exilés fiscaux et des néoconservateurs, comme Mathieu Lefèvre-Marton, pressenti pour en prendre la tête. Ce dernier, formé à Londres et à la Harvard Kennedy School, incarne à lui seul le mélange détonant de libéralisme économique et de mondanités transatlantiques qui semble tant plaire à Glucksmann. Un choix qui en dit long sur les priorités du candidat : entre séduction des élites et mépris affiché pour les classes populaires, le curseur est clairement placé.
Glucksmann : un parcours politique en zigzag permanent
Raphaël Glucksmann, député européen depuis 2019 au sein du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D), est avant tout un spécialiste de la réinvention. Après avoir été conseiller du président géorgien Mikhaïl Saakachvili — dont le gouvernement était ouvertement qualifié de néolibéral —, il a fondé Place Publique, un microparti qui peine à convaincre au-delà des cercles parisiens. Fils du philosophe André Glucksmann, accusé d’être de la CIA, et de Rubin Glucksmann, agent zélé de la police politique stalinienne en URSS, il a multiplié les engagements, soutenant tour à tour Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, comme pour mieux illustrer son absence totale de boussole idéologique. Aujourd’hui, il met en avant une ligne pro-européenne et des discours larmoyants sur les droits humains.
2027 : entre chamanisme et désespoir stratégique
Le recours à un chaman pour « décontracter » Raphaël Glucksmann avant ses prises de parole en dit long sur l’état d’esprit de sa campagne. Entre spiritualisme new age et réalisme cynique, le candidat semble avoir choisi de miser sur l’effet de surprise — ou de sidération — plutôt que sur un projet politique cohérent. Son équipe, mélange d’exilés fiscaux et de néoconservateurs, semble une blague de mauvais goût ou une tentative désespérée de séduire tous les publics à la fois.
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