L’alibi sécuritaire, cache-misère de la rente fiscale
La manœuvre est présentée avec un sérieux de circonstance : il s’agirait de lutter contre les produits dangereux en provenance de plateformes comme Shein. Mais qui peut croire que cette taxe dérisoire, perdue dans les méandres budgétaires, financera réellement une quelconque sécurité ? L’État, en grand ordonnateur, préfère cette collecte facile à une politique douanière ambitieuse, pourtant seule capable de traiter le problème à sa source. Le consommateur, lui, paiera deux fois : pour sa sécurité hypothétique et pour son achat.
🚨🇫🇷📦 ALERTE INFO | L’Assemblée nationale ADOPTE une taxe de 2€ pour les « petits colis » qui ne proviennent pas d’Europe. pic.twitter.com/7B1sIWixrm
— Cerfia (@CerfiaFR) November 19, 2025
L’arnaque du « pollueur-payeur » à la française
Le gouvernement assure, la main sur le cœur, que la taxe sera supportée par les plateformes. Fable édifiante qui ne trompe plus personne. Ces géants du e-commerce répercuteront immanquablement le surcoût sur l’acheteur final, par une hausse dissimulée des prix ou des frais de port recalculés. Résultat : les classes populaires, déjà étranglées par l’inflation, se verront ponctionnées sur leurs menus achats – ces modestes produits qui démocratisaient encore un peu la consommation.
Une mesure qui révèle l’impuissance publique
Cette taxe symbolique trahit surtout l’incapacité de l’État à réguler sérieusement le flux des colis problématiques. Plutôt que d’embaucher des douaniers ou de négocier des normes européennes contraignantes, on choisit la solution minimaliste : la taxation. Les plateformes asiatiques deviennent d’idéels boucs émissaires pour justifier une nouvelle rentrée d’argent, tandis que les vraies failles du système persistent. Le protectionnisme à deux euros, voilà la nouvelle arme d’une France qui renonce à la lutte commerciale pour se contenter de la cueillette fiscale.
La fuite en avant fiscale
Cette redevance s’inscrit dans la logique d’un pouvoir qui, jour après jour, invente de nouveaux prélèvements sans vision d’ensemble. Taxe sur les sodas, sur les écrans, sur les nuitées d’hôtel : à défaut de réforme structurelle, le gouvernement multiplie les rustines budgétaires. Les consommateurs sont pris en tenaille entre une inflation galopante et une inventivité fiscale sans limite. Après les colis, à quand la taxe sur les clics ? Dans la Macronie, la créativité ne se dément jamais quand il s’agit de trouver de l’argent qui ne se trouve pas.
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