La chute : L’Isle-sur-la-Sorgue veut effacer Patrick Bruel de son histoire

L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) a enfin osé le dire tout haut : Patrick Bruel, c’est fini. Le maire Pierre Gonzalvez, dans un communiqué qui sent la poudre et le désespoir, a lâché : « Comme tous les L’Islois dignes de ce nom, j’en ai ma claque que notre ville pue le chanteur. » Le message est clair : après 20 ans de cohabitation forcée, la commune veut virer Patrick Bruel de son paysage mental, physique et olfactif.

mise à jour le 15/06/26

Patrick Bruel, star d’hier, boulet d’aujourd’hui : une ville provençale tente de se désintoxiquer.

Un mariage de raison qui tourne au divorce

Quand Patrick Bruel a débarqué, L’Isle-sur-la-Sorgue a cru toucher le jackpot : un hôtel de luxe (L’Isle de Leos, 828 € la nuit, merci qui ?), un domaine viticole, de l’huile d’olive et des cosmétiques estampillés à son effigie. Résultat ? Aujourd’hui, la ville est connue pour deux choses : ses brocantes… et les affaires judiciaires de son résident le plus célèbre. Pierre Gonzalvez, maire depuis trop peu de temps pour avoir pu dire non, avoue même avoir « gentiment » modifié le PLU pour permettre la construction de l’hôtel. « Une centaine d’emplois, c’est bien », semble-t-il murmurer entre ses dents serrées.

« Je suis du côté des victimes » (et du bon sens)

Le maire ne tourne pas autour du pot : « On a tous une sœur, une mère, une copine qui a croisé un connard dans sa vie. Moi, je crois les femmes. » Patrick Bruel, lui, mis en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement, se balade libre comme l’air, sous contrôle judiciaire — grâce à une caution de 500 000 €. La Justice et la liberté qu’elle concède — au cas où vous ne le sauriez pas — sont payantes. La justice, elle, prend son temps. En attendant, deux nouvelles plaintes sont tombées vendredi 12 juin : une pour viol (2012), une autre pour tentative de viol (2007, Festival du Film de La Réunion). Bilan ? 15 plaintes officielles, 30 femmes qui accusent, et une tournée estivale annulée. « Coïncidence », diront les avocats de Bruel.



L’Isle-sur-la-Sorgue : entre l’arbre et l’écorce

Pierre Gonzalvez conclut, diplomate malgré lui : « La ville agira dans le respect de la loi et de l’intérêt général. » Traduction : « On garde l’hôtel, on garde les jobs, mais si quelqu’un pouvait faire disparaître le nom Bruel de la surface de la Terre, ce serait sympa. » Car oui, L’Isle-sur-la-Sorgue reste un joyau provençal… mais un joyau qui aimerait bien oublier qu’il a un jour brillé pour Patrick Bruel.

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