Sable du Sahara : un laboratoire de Caen révèle une pollution radioactive

1 mars 2021 | Environnement, Santé, Société

Pollution

Pierre Barbey, le vice-président de l’association qui contrôle la radioactivité (l’Acro), se trouvait dans le Jura le samedi 6 février, lorsqu’une partie du Sud de la France s’est réveillée sous un ciel jaune-orangé provoqué par le sable du Sahara transporté par un vent du sud.

De la radioactivité dans le sable

Loin du laboratoire de l’Acro implanté près de Caen, à Hérouville-Saint-Clair (Calvados), Pierre Barbey était néanmoins là où il fallait être pour réaliser des analyses. Le biologiste a récupéré de fines poussières de sable qui se sont déposées sur son véhicule.

Ensuite direction vers le laboratoire d’Hérouville où ont été analysés les prélèvements avec « des instruments de mesure très précis qui permettent de mesurer des concentrations très faibles ». Mylène Josset, chargée d’études pour l’Acro, explique : « Grâce à la spectrométrie gamma, nous pouvons identifier les différents éléments radioactifs qui peuvent être présents. »

Résultat de l’analyse : « du césium-137 est clairement identifié. »

«Il s’agit d’un radioélément artificiel qui n’est donc pas présent naturellement dans le sable et qui est un produit issu de la fission nucléaire mise en jeu lors d’une explosion.»

L’Acro

Des essais nucléaires sont à l’origine

Pour l’association créée il y a une trentaine d’années, après Tchernobyl, il n’y a aucun doute, ce césium-137 provient des essais nucléaires atmosphériques faits par la France dans le Sahara algérien au début des années 60. « Considérant des dépôts homogènes dans une large zone, sur la base de ce résultat d’analyse, l’Acro estime qu’il est retombé 80 000 Bq (Becquerel) au km2 de césium-137. »

Le même type d’analyses avait été réalisé, il y a trente ans et du césium-137 avait également été trouvé dans ce sable qui venait du Sahara.

«On trouvait très intéressant de pouvoir renouveler ces analyses et, à nouveau, dans le sable on a retrouvé des quantités qui ne demandent pas de précautions particulières pour la santé, mais c’est l’occasion de montrer que l’on continue de trouver du césium-137, le marqueur de la rémanence de cette pollution qui date de plus de soixante ans. »

Mylène Josset 
Chargée d’études à l’Acro