« On pouvait éviter sa mort si la justice et les personnes qui se sont occupées de mon dossier faisaient leur boulot correctement », a-t-elle déclaré. Elle ne cache pas sa colère : « Je suis déçue de la France, je suis déçue qu’ils n’aient pas protégé les enfants. »
🔴 🗣 Affaire Lyhanna : « J’ai fait tout mon possible, mais aujourd’hui, la justice ne m’a pas suivie », déclare la mère de Rosa, autre victime présumée de Jérôme Barella, qui avait déposé plainte pour viols sur mineure en 2025. #franceinfo pic.twitter.com/HT7ezSwS4c
— franceinfo (@franceinfo) June 9, 2026
Des preuves solides pourtant ignorées
Rosa avait 10 ans quand les faits se sont produits, entre septembre 2024 et mai 2025, au domicile de Jérôme Barella. En août 2025, sa mère dépose plainte pour viol. Les expertises psychologiques confirment que la petite dit la vérité. Un examen gynécologique prouve qu’elle a bien été violée. La mère ajoute même que Barella a envoyé des menaces à sa fille : il lui aurait dit qu’il se suiciderait si elle réitérait ses accusations.
Malgré tout ça, Jérôme Barella n’a jamais été placé en garde à vue. Il n’a même pas été entendu. Le parquet de Toulouse s’est dessaisi au profit de celui d’Auch. En janvier, le procureur d’Auch a demandé à la gendarmerie de Lectoure de mener des actes d’enquête. « Cette enquête était en cours au moment de la disparition de Lyhanna », avait indiqué la procureure d’Auch, Clémence Meyer.
« C’est ma faute, je n’ai pas crié assez fort »
Depuis la découverte du corps de Lyhanna, Audrey vit avec une culpabilité lourde. Elle répète : « C’est ma faute, je n’ai pas fait assez, je n’ai pas crié assez fort pour qu’ils nous entendent. » Sur RTL, elle s’est adressée directement aux parents de Lyhanna :
« Je suis désolée. Je suis désolée de ne pas avoir fait plus. Je suis désolée qu’il n’ait pas été arrêté avant. Simplement, je suis désolée. »
Avant que sa fille ne lui parle, Audrey voyait en Jérôme Barella un père comme les autres. « Je pensais que c’était un papa qui aimait ses enfants, je n’ai jamais imaginé qu’il pouvait faire ça. »
Deux procédures lancées : contre l’État et au pénal
L’avocat Pierre Debuisson, qui accompagne la famille, va déposer deux actions. D’abord une plainte contre l’État devant le tribunal judiciaire pour faute lourde. Ensuite une procédure pénale qui vise directement les enquêteurs qui n’ont pas interpellé l’homme, les magistrats qui n’ont pas réagi, et même le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, en tant que responsable de l’institution judiciaire et ancien ministre de l’Intérieur.
« Pourquoi attendre neuf mois quand on a autant d’éléments dans ce dossier qui caractérisent l’infraction ? » demande l’avocat. Il refuse l’idée qu’on puisse simplement dire « l’État a failli ». Pour lui, « derrière l’État il y a des personnes, des hommes et des femmes qui ont failli ». Il ajoute : « Si chacun avait fait son travail, ce drame ne se serait jamais produit. »
Maître Debuisson insiste : ce n’est pas un cas isolé. Rien que dans son cabinet, il a une quinzaine de plaintes de parents restées sans suite. Il réclame des sanctions claires et une vraie prise de conscience dans tout le système judiciaire.
Des dysfonctionnements qui s’accumulent
Depuis que l’affaire Lyhanna a éclaté, plusieurs autres plaintes contre Jérôme Barella ont refait surface. La mère de Rosa n’est pas la seule à pointer du doigt le manque de réaction des autorités. Elle estime que toutes les belles déclarations du gouvernement restent pour l’instant « que des promesses ». « C’est très difficile de faire les démarches, de traverser les épreuves, et aujourd’hui on n’est pas considérées, on n’est pas entendues », dit-elle.
La plainte contre l’État et la procédure pénale qu’elle engage avec son avocat visent à faire bouger les lignes. Pour Audrey, il n’est plus question de rester silencieuse. Elle veut des réponses, des responsabilités nommées, et surtout que plus aucun enfant ne passe entre les mailles du filet comme sa fille l’a fait pendant près de neuf mois.
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